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03/04/2009

PERDUS DE VUE

JeanFrancoisDELAS.jpgSelon la Cellule des Personnes Disparues, 9 disparitions sur 10 sont élucidées. Sur dix ans de dossiers traités, 83% des personnes disparues ont été retrouvées vivantes, les homicides liés à une disparition atteignant à peine plus de 1%.

L'effort a été mis depuis quelques années sur les disparitions d'enfants avec la création du Dispositif Alerte Enlèvement inspiré du dispositif Amber dont le succès n'est plus à démontrer. Reste que pour les familles plongées dans l'angoisse, l'attente est insupportable. Elles ont souvent l'impression, particulièrement lorsqu'il s'agit d'adultes recherchés, que leurs demandes dans l'intérêt des familles consistent à uniquement diffuser la photographie des disparus à tous les commissariats et les gendarmeries.

L'émission de TF1 "Perdu de vue" tant décriée, faisait oeuvre de salut public. Pour beaucoup de familles c'était le dernier espoir souvent récompensé et Jacques Pradel l'animateur peut s'enorgueillir d'avoir à son actif la résolution de l'affaire des disparues de l'Yonne. Manifestement la disparition de jeunes filles handicapées n'intéressait pas la justice à moins qu'Emile Louis, le tueur en série, ait eu des protections que les projecteurs des médias ont réussi à percer. L'opiniatreté, le courage et le professionnalisme du gendarme Jambert doivent être salués dans cette affaire, d'autant que cela lui coûta la vie.

Grâce à internet, les familles et amis recherchant une personne peuvent agir, chercher crier leur détresse. Elles ne se sentent plus aussi impuissantes. Avec le danger accru de se trouver confrontés à des petits rigolos ou des charlatans prompts à profiter de la détresse des personnes désespérées.

Ce parcours Jess le connaît bien. Cette jeune femme d'à peine trente ans se démène comme une diablesse depuis sept ans pour retrouver son ami d'enfance, Jean-François Delas (photo). Elle est même allée sur le plateau de Jean-Luc Delarue, "toute une histoire", supporter les allusions scabreuses de l'animateur, dignes de psychanalyse de bistrot .

Le cas de la disparition de Jean-François Delas illustre bien la difficulté de se battre contre les dysfonctionnements, voire le laxisme de l'appareil judiciaire français. Jean-François Delas, 26 ans, disparaît le 1er avril 2002 de l'hôpital de Thonon-Les-Bains. Alors qu'il était sous la responsabilité de l'hôpital, la police, la justice ne feront même pas ce que tout justicier en herbe ferait: enquêter sur le lieu de la disparition, mettre en cause la défaillance de l'hôpital. Pire! Alors que Claudie sa mère croyait que la justice suivait son cours, elle apprend six ans après la disparition de Jean-François que le dossier est clos depuis quatre ans. Aucun avis de recherche n'a été déclenché!

Alors que des éléments susceptibles de retrouver la trace de Jean-François arrivent à Jess, le procureur mettra plusieurs mois à s'y intéresser, mettant en échec tout le travail effectué par celle-ci.

Les résultats élogieux de la Cellule des Personnes Disparues ne sont pas à remettre en cause, mais cela ne concerne que les dossiers instruits. Combien de personnes disparues, de familles livrées à elles-mêmes dont la justice ne se sera pas interessée?

La communauté du net peut faire ce qu'aucun JT ne se donne la peine de faire (sauf lorsqu'il s'agit, réflexe corporatiste, de collègues journalistes): montrer les appels à témoin, les photographies des personnes recherchées.

Des associations existent et peuvent être d'un grand soutien psychologique et pratique, elles ont aussi besoin de nous.

http://www.avisderecherche.net/

http://www.manuassociation.org/

http://jeanfrancoisdelas.20minutes-blogs.fr/

 

24/05/2008

LORSQUE L'ENFANT DISPARAIT

1101330551.jpgS'il y a bien unanimité, c'est au sujet de la protection des enfants. Sur le papier au moins. La société semble moins tolérante envers un pédocriminel, improprement appelé pédophile qu'envers un marchand d'armes par exemple. Pourtant le second a plus de sang d'enfant sur les mains que le premier. On punit l'un et on décore l'autre; il faut croire que mutiler ou réduire en bouillie un enfant est moins grave que de le violer.

Quelle protection offre notre société aux enfants? Des dizaines disparaissent tous les ans et ne sont pas retrouvés. Les retrouver devrait être la priorité des priorités. Difficilement imaginable si on ne l'a pas vécu soit même, le calvaire des familles est tel qu'il peut rendre fou. Fou de ne rien savoir, fou de douleur, fou de l'attente d'une mauvaise nouvelle, fou de l'impuissance.

Souvenez vous des bien-pensants qui crachaient sur l'émission "Perdu de vue", animé par Jacques Pradel. Ils ont fini par avoir la mort de l'émission. Tout est rentré dans l'ordre. Les familles se sont retrouvées avec un espoir en moins, avec une chance en moins de retrouver leurs enfants sains et saufs. C'était une émission de service publique; grâce à elle, l'affaire des disparues de l'Yonne a été élucidée. Car la disparition de jeunes filles handicapées mentales n'intéressait personne. Combien de victimes épargnées si l'on avait fait bien plus tôt ce que Jacques Pradel a fait.

Il y a pourtant une chose que la société peut faire: diffuser à chaque fin de journal télévisé, la photo de quatre ou cinq gosses recherchés, tous les jours, à chaque fois. Rien de bien compliqué, nos médias ont su le faire pour les journalistes français otages. S'il ne le font pas pour les enfants, alors il sera difficile de ne pas penser que pour leurs collègues, c'était d'abord du corporatisme.

La confiance d'un enfant est le chemin qu'adulte il oubliera: celui d'un monde ou le mal n'existe pas. C'est ce chemin qu'il faut retrouver, en faisant tout pour les retrouver.