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02/10/2012

SOHANE, DIX ANS. DEJA !

Vitry sur Seine :Stèle en hommage  à Sohane BenzianeMourir au XXIème siècle, en France; à 17 ans.

Sohane, un prénom que j'ai découvert en même temps que le drame qui t'a frappée. Un prénom que je n'oublierai jamais. Sohane, tu es devenue pour moi l'image de la femme martyre, l'emblème du combat contre tous les obscurantistes. Tu es ma Jeanne d'Arc républicaine.

Morte dans un local poubelle, brulée vive par un macho de bazar qui n'avait que la posséssion de ta personne comme tableau de chasse, comme fierté. Un petit coq de banlieue qui pense que pour être un mec , un vrai, il faut montrer sa force contre les plus faibles. Femme ou chien, son comportement est le même. Lâche parmi les lâches.

Tu voulais juste aller voir une copine, dans l'immeuble d'en face. Quoi de plus banal pour une jeune de nos jours, en France. EN FRANCE !!!!!!

Le lieu de ta mort n'est pas devenu pélerinage, l'on vient de raser l'immeuble, comme pour mieux t'oublier. Comme pour mieux oublier nos propres lâchetés quotidiennes.

Peu après ta mort , une stèle a été placée au pied de l'immeuble. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle soit saccagée. Ultime offense à ton innocence, ultime négation de ton être, de tes souffrances, de ta féminité, de ton humanité, de ton existence.

Ta famille a dû quitter la ville, harcelée par les clones de ton assassin, comme si c'était toi la coupable. Inversion des mots , perversion des valeurs. Ultime violence !

Dix ans plus tard, l'actualité nous rappelle que rien n'a changé, que les jeunes coqs ont transmis leur graine de tarés. Qu'avons nous fait de ton martyre ? Rien.

Sohane Benziane, je ne te connaissais pas, pas plus que ta ville où je n'ai jamais pu aller depuis, malgré la promesse que je m'étais fait. Trop frais, trop dur, trop de colère !

Sohane, y aura-t-il une rue, un pont qui portera ton nom ? Je le souhaite pour que personne n'oublie.

Pour que ta mort hante à jamais les esprits !

 

Romain Desbois

01/10/2012

ABSTENTION, PIEGE A CONS !

27.jpgDans la vie, il y a ce que l'on souhaiterait et ce qui est.

Il en va de même pour le système électoral et l'erreur des abstentionnistes est de penser que ne pas participer "à la mascarade" changera les choses. Au delà du poujadisme récurant, du "tous pourris" ou du "tous les mêmes", il est bon de rappeler les règles.

En France, ne sont comptés que les suffrages exprimés, écartant du calcul le vote blanc, le vote nul, l'abstention et les électeurs non inscrits sur les listes électorales. L'élection est validée même si un seul électeur s'est exprimé.

En pratique, ne pas voter conforte les partis hégémoniques. Comme dans une partie de carte, le gagnant rafle la mise, y compris les jetons ou l'argent joués par les participants qui se sont couchés en cours de partie. S'abstenir revient à voter pour le gagnant.

Aux dernières présidentielles , les 10 millions d'abstentionnistes du premier tour ont fait quasiment jeu égal avec les deux candidats arrivés en tête; leur permettant de passer au deuxième tour. Aux dernières régionales 53,6% des électeurs se sont abstenus, maintenant ainsi les deux partis hégémoniques PS et UMP à la tête de toutes les régions françaises.  Il aurait suffit que les abstentionnistes votent contre les partis au pouvoir et on peut supposer que c'est ce qu'ils auraient fait majoritairement, pour que toutes les régions changent de main!

Assurément cela aurait fait bien plus de bruit! Je vous fiche mon billet que l'on en parlerait encore.

Autre point important: voter même pour un "petit" parti, c'est donner accès aux médias.  Il ne faut pas s'étonner que l'on n'entende plus pendant cinq ans ceux qui auront fait quelques pour cents. C'est déplorable mais c'est ainsi.

 

Règle du pourcentage.

Lorsque 100% des électeurs votent, chaque voix compte pour une; si 50% des électeurs s'abstiennent, votent blanc ou nul, chaque voix valablement exprimée compte double !

 

Pas de choix.

Si l'on compare sur les points communs des candidats, de leurs idées et de leur programme, alors oui, ils sont tous semblables. La comparaison doit donc se faire sur les divergences. Impossible de ne pas en trouver.

Faire la liste des sujets sur lesquels vous êtes pour et sur lesquels vous êtes contre pour chaque candidat.

- Pour ou contre le nucléaire

- Pour ou contre la corrida

- Pour ou contre la retraite à 60 ans

- Pour ou contre l'euro

- Pour ou contre la proportionnelle

- Pour ou contre l'immigration

- Etc...

A chacun de décider quel est le point non négociable. Il est impossible de justifier son abstention par un manque de choix. Il y aura toujours une différence entre deux personnes, fut-elle infime.

C'est comme au restaurant dont la carte proposée ne vous tente pas trop. Allez-vous laisser les autres convives choisir ce que vous allez manger au risque de devoir avaler un plat que vous détestez ou allez-vous choisir quelque chose que vous aimer même si ce n'est pas ce que vous aviez envie de manger en entrant ?

 

Tous pourris, tous les mêmes

Prenons l'exemple des dernières présidentielles.

Si votre critère était l'honnêteté, l'incorruptibilité, vous aviez Eva Joly.

Si votre critère était de ne pas voter pour un riche, vous aviez Cheminade, Poutout, Artaud, Joly, Dupont-Aignan.

Si la proportionnelle est votre combat, vous aviez, Joly, LePen, etc...

Si vous étiez contre la réforme Fillon, vous aviez Mélenchon, Joly, LePen, etc...

 

Ils ne tiennent pas leurs promesses

Admettons d'abord qu'il arrive que ce soit heureux qu'ils ne tiennent pas toutes leurs promesses. Sinon nous aurions des fonds de pension en France aujourd'hui.

Mais comment espérer que les choses se fassent si on laisse élire quelqu'un qui ne s'est pas engagé de faire ce que vous souhaitez. Il sera bien difficile d'obtenir l'interdiction des cornichons si l'élu est pour.

 

Ne vous méprenez pas! Je suis contre le vote obligatoire. Par contre, il est inadmissible qu'un élu puisse s'abstenir lors du vote des lois, dans le cadre de sa fonction. Lorsque l'on est élu, on se doit de prendre position, sinon on laisse sa place.

Mon intéret serait de vous conseiller l'abstention, étant bien convaincu que vous tous êtes très éloignés de mes idées.

Je ne peux m'en satisfaire.

S'il vous plaît, ne soyons pas les idiots utiles des anti-démocrates. Au jeu de l'abstention, ils ont toujours gagné l'élection.

Romain Desbois

 


 

29/09/2012

FRIC FRAC DANS LES REGIONS

32b.jpgAlors que l'on ne cesse de nous dire qu'il n'y a pas d'argent, que la ceinture est de rigueur, Monsieur Fabius, n'ayant certainement rien d'autres à faire vient de dépenser 85 000 euros, pour organiser en son château ministère, une exposition de peintures empruntées à nos musées .

Ce n'est que la partie visible de l'iceberg ne troublant même pas la surface médiatique.

Et pourtant dans le 20minutes du 6 septembre 2012, en page culture, on informe le quidam de la gabegie de l'Etat dans le domaine culturel. Les Fonds Régionaux d'Art Contemporain (FRAC) fêtent leur trente ans.  Ces FRAC ont été créés pour aider les artistes français via une politique d'achat d'oeuvres à destination des musées locaux. Mais les musées n'en voulant pas, les FRAC , au fil du temps ont amassé une importante collection d'oeuvres stockées à l'abri du regard des manants taxés.

Aussi quoi de plus logique, les régions ont décidé de construire de nouveaux musées, six sont en chantier sur les vingt-trois que comptera la France. Et pas du genre cabane de chantier que l'on offre royalement aux SDF, étudiants ou privilègiés du RSA; "Les nouveaux FRAC sont ambitieux sur le plan architectural et des politiques urbaines" claironne fièrement Marie-Cécile Burnichon de PLATFORM, réseau des vingt-trois FRAC!

Du coup les sommes consacrées à soutenir l'activité artistique française sont fagocytées par la gestion de ces collections entassées. Au point que certains FRAC ne peuvent plus quasiment rien acquérir. La construction de ces musées ne va cependant rien arranger puisque sur les six bâtiments en construction, la plupart des réserves sont déjà virtuellement pleines.

Qui a fréquenté le milieu de l'art sait pourtant que l'entregent est plus important que les qualités artistiques.

Rien de nouveau sous le soleil royal, à l'occasion d'une prise de conscience sur le risque d'une future crue centennale, la responsable du musée du Louvre avouait que soixante pour cent des oeuvres en leur posséssion croupissent dans les réserves et qu'elles ne seront jamais exposées par manque de place !!!!!

Point de crise d'austérité, ni de manque de terrain pour l'art; chose sacrée à laquelle il ne faut pas toucher.

Cet hiver, on trouvera bien quelques sans-abris pour décorer de leur mort les parvis de nos trop chers temples de natures mortes.

Romain Desbois

16/09/2012

LE DROIT A L'ENFANT EST DEJA LA NORME

enfant,adoption,pma,avortement,homoparentalitéQui pourrait imaginer que l'on puisse interdire à un humain d'avoir un enfant? La Chine avec sa politique de l'enfant unique a heureusement échoué, au moins partiellement. Aujourd'hui comme hier les pratiques eugénistes , d'est en ouest, du nord au sud sont légion. Il existe tant d'histoires inhumaines que l'Histoire semble vouloir oublier.

Le droit à l'enfant s'est toujours confondu avec le droit de ne pas avoir d'enfant. De tout temps on a concocté des potions abortives et des potions fertilisantes, y compris chez des peuplades dites primitives.

Illégaux, la contraception puis l'avortement sont légalisés petit à petit. Non pas par pure idéologie mais par pragmatisme; la prohibition engendrant plus de dégâts qu'elle n'en règle.

Le choix de procréer quand et si on veut est une avancée incontestable vers le contrôle de son corps et la procréation médicalement assistée (PMA) fut une étape complémentaire pour ceux qui au contraire ne pouvaient avoir d'enfants.

Comme en toutes choses, les dérives ne tardèrent pas à apparaître et l'on frémit de penser qu'elles ont même précédé dans les labos, ce que la société accepterait ou refuserait au moins provisoirement.

Jusque récemment, les médecins de la PMA implantaient plusieurs embryons fécondés in vitro. Officiellement, c'était pour optimiser les chances de réussite, officieusement, ce n'était qu'une minable histoire d'économie. Si par "bonheur" plusieurs embryons étaient viables, à la demande des parents, on avortait ceux de trop.

Récemment, virage à 180° : on s'est aperçu que la multi-implantation augmentait le risque de réussite pour l'ensemble des embryons. Ce carnage inutile va donc cesser, sans sanction pour ces apprentis sorciers.

A l'heure où la société débat sur l'élargissement de l'accès à l'adoption et à la PMA, à quel stade en sommes-nous aujourd'hui?

Des millions de femmes avortent alors que tant de personnes souhaitent adopter. Des millions d'embryons surnuméraires congelés attendent d'être jetés ou de servir de matériel de laboratoire, de matière première pour cosmétiques ou pour médicaments alors que tant de personnes souhaiteraient porter un enfant.

Est-il plus éthique de "détruire" un embryon que de l'offir à des parents volontaires? Est-il plus grave  d'être l'enfant d'un père donateur anonyme que d'être adopté par un couple d'homosexuels?

On peut considérer que le droit à l'enfant est avant sa naissance et le droit de l'enfant est après sa naissance. Ce serait trop simple. Le droit de l'enfant à naître s'oppose au droit des parents de ne pas le vouloir. La solution viendra peut-être le jour où l'on pourra transférer un foetus, un embryon du ventre de la mère vers celui d'une autre femme.

Les enfants devraient avoir le droit de naître, de choisir leurs parents adoptifs. Science-fiction!

Non, le droit de l'enfant doit être toujours supérieur au droit à l'enfant quand l'enfant est en capacité de décider. Le devoir des adultes est de leur offrir bonheur, protection, amour ; qu'ils soient les siens ou ceux des autres. Encore faut-il ne pas penser pour eux en fonction de nos propres désirs.

Romain Desbois

10/12/2010

Ce sale trafic sous le blanc manteau

betaillere.jpg

Malgré la pagaille occasionnée par la neige en Île de France, les médias nous rassurent, il n'y a pas eu de victime. Des milliers de gens bloqués, parfois pendant 16 heures, dans le froid; de quoi goûter un peu ce que vivent les SDF au quotidien.

Méprisant l'annonce météorologique, nombre de personnes ont risqué l'aventure alors que beaucoup d'entre-elles auraient pu différer leur déplacement. Etaient de sortie, des norias de camions dont on nous promet depuis tellement longtemps de nous débarasser en les mettant sur le train (récemment encore avec le grenelle de l'environnement) , prenant part au bazar.

Un auditeur d'Europe 1 dans l'émission de Jean-Marc Morandini raconte son périple. Au volant de son petit camion, il se dirige vers Orly pour y transporter une cargaison de canetons de 1 jour, destinés ... au DOM TOM. La route coupée par un autre camion et l'aéroport fermé, il décide de faire demi tour et emprunte des petites routes où il finira par s'embourber. Mais ça va , il a dormi au chaud dans sa cabine. Les canetons eux n'ont pas survécu. "Ils finiront à la benne" s'empressa-t-il de dire.

Les transports d'animaux vivants ne font pas la une de la presse. Pourtant, il y en aurait des scandales à dénoncer. La PMAF s'est faite une spécialité de pister les bétaillères, dénoncer les maltraitances et les violations aux lois encadrant ce type de transport. Mais comment faire appliquer ces lois quand ceux qui sont payés pour cela reconnaissent ne pas les connaître?

Alors, une fois de plus, les associations se substituent à l'Etat complaisant. La PMAF publie une brochure détaillant les règles en vigueur et fait des formations aux gendarmes et aux policiers; quelques fois à leur propre demande.

Au delà de l'aberration écologique, on pourrait se demander quel est l'intérêt d'envoyer des animaux vivants à travers le monde. Comment de la naissance à la mort programmée, ces êtres sont traités comme des objets.

Trois millards de vie supprimées au quotidien pour notre consommation, celà ne fait-il pas le plus grand massacre que l'humain ait pu faire? Et encore ce n'est qu'une estimation "à la louche", ne prenant pas en compte les insectes et autres animaux sauvages ou de compagnie exterminés.

Mais comme pour les incendies de Forêt, les médias nous diront qu'il n'y a pas eu de victime.

 

Romain Desbois

 

 

Sources:

PMAF

Europe1 (écouter à partir de la 33ème minute)