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29/09/2012

FRIC FRAC DANS LES REGIONS

32b.jpgAlors que l'on ne cesse de nous dire qu'il n'y a pas d'argent, que la ceinture est de rigueur, Monsieur Fabius, n'ayant certainement rien d'autres à faire vient de dépenser 85 000 euros, pour organiser en son château ministère, une exposition de peintures empruntées à nos musées .

Ce n'est que la partie visible de l'iceberg ne troublant même pas la surface médiatique.

Et pourtant dans le 20minutes du 6 septembre 2012, en page culture, on informe le quidam de la gabegie de l'Etat dans le domaine culturel. Les Fonds Régionaux d'Art Contemporain (FRAC) fêtent leur trente ans.  Ces FRAC ont été créés pour aider les artistes français via une politique d'achat d'oeuvres à destination des musées locaux. Mais les musées n'en voulant pas, les FRAC , au fil du temps ont amassé une importante collection d'oeuvres stockées à l'abri du regard des manants taxés.

Aussi quoi de plus logique, les régions ont décidé de construire de nouveaux musées, six sont en chantier sur les vingt-trois que comptera la France. Et pas du genre cabane de chantier que l'on offre royalement aux SDF, étudiants ou privilègiés du RSA; "Les nouveaux FRAC sont ambitieux sur le plan architectural et des politiques urbaines" claironne fièrement Marie-Cécile Burnichon de PLATFORM, réseau des vingt-trois FRAC!

Du coup les sommes consacrées à soutenir l'activité artistique française sont fagocytées par la gestion de ces collections entassées. Au point que certains FRAC ne peuvent plus quasiment rien acquérir. La construction de ces musées ne va cependant rien arranger puisque sur les six bâtiments en construction, la plupart des réserves sont déjà virtuellement pleines.

Qui a fréquenté le milieu de l'art sait pourtant que l'entregent est plus important que les qualités artistiques.

Rien de nouveau sous le soleil royal, à l'occasion d'une prise de conscience sur le risque d'une future crue centennale, la responsable du musée du Louvre avouait que soixante pour cent des oeuvres en leur posséssion croupissent dans les réserves et qu'elles ne seront jamais exposées par manque de place !!!!!

Point de crise d'austérité, ni de manque de terrain pour l'art; chose sacrée à laquelle il ne faut pas toucher.

Cet hiver, on trouvera bien quelques sans-abris pour décorer de leur mort les parvis de nos trop chers temples de natures mortes.

Romain Desbois

16/09/2012

LE DROIT A L'ENFANT EST DEJA LA NORME

enfant,adoption,pma,avortement,homoparentalitéQui pourrait imaginer que l'on puisse interdire à un humain d'avoir un enfant? La Chine avec sa politique de l'enfant unique a heureusement échoué, au moins partiellement. Aujourd'hui comme hier les pratiques eugénistes , d'est en ouest, du nord au sud sont légion. Il existe tant d'histoires inhumaines que l'Histoire semble vouloir oublier.

Le droit à l'enfant s'est toujours confondu avec le droit de ne pas avoir d'enfant. De tout temps on a concocté des potions abortives et des potions fertilisantes, y compris chez des peuplades dites primitives.

Illégaux, la contraception puis l'avortement sont légalisés petit à petit. Non pas par pure idéologie mais par pragmatisme; la prohibition engendrant plus de dégâts qu'elle n'en règle.

Le choix de procréer quand et si on veut est une avancée incontestable vers le contrôle de son corps et la procréation médicalement assistée (PMA) fut une étape complémentaire pour ceux qui au contraire ne pouvaient avoir d'enfants.

Comme en toutes choses, les dérives ne tardèrent pas à apparaître et l'on frémit de penser qu'elles ont même précédé dans les labos, ce que la société accepterait ou refuserait au moins provisoirement.

Jusque récemment, les médecins de la PMA implantaient plusieurs embryons fécondés in vitro. Officiellement, c'était pour optimiser les chances de réussite, officieusement, ce n'était qu'une minable histoire d'économie. Si par "bonheur" plusieurs embryons étaient viables, à la demande des parents, on avortait ceux de trop.

Récemment, virage à 180° : on s'est aperçu que la multi-implantation augmentait le risque de réussite pour l'ensemble des embryons. Ce carnage inutile va donc cesser, sans sanction pour ces apprentis sorciers.

A l'heure où la société débat sur l'élargissement de l'accès à l'adoption et à la PMA, à quel stade en sommes-nous aujourd'hui?

Des millions de femmes avortent alors que tant de personnes souhaitent adopter. Des millions d'embryons surnuméraires congelés attendent d'être jetés ou de servir de matériel de laboratoire, de matière première pour cosmétiques ou pour médicaments alors que tant de personnes souhaiteraient porter un enfant.

Est-il plus éthique de "détruire" un embryon que de l'offir à des parents volontaires? Est-il plus grave  d'être l'enfant d'un père donateur anonyme que d'être adopté par un couple d'homosexuels?

On peut considérer que le droit à l'enfant est avant sa naissance et le droit de l'enfant est après sa naissance. Ce serait trop simple. Le droit de l'enfant à naître s'oppose au droit des parents de ne pas le vouloir. La solution viendra peut-être le jour où l'on pourra transférer un foetus, un embryon du ventre de la mère vers celui d'une autre femme.

Les enfants devraient avoir le droit de naître, de choisir leurs parents adoptifs. Science-fiction!

Non, le droit de l'enfant doit être toujours supérieur au droit à l'enfant quand l'enfant est en capacité de décider. Le devoir des adultes est de leur offrir bonheur, protection, amour ; qu'ils soient les siens ou ceux des autres. Encore faut-il ne pas penser pour eux en fonction de nos propres désirs.

Romain Desbois